A l’origine de Parents solos et Compagnie

 

La génèseUn aperçu du vécu des parents solosDes associations au plus près des réalités vécues

 

En septembre 2015, Laurence Rossignol, ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmespropose de mettre en place un réseau d’appui de proximité pouvant toucher l’ensemble des parents solos, privilégiant les logiques d’entraide et de solidarité. en sollicitant des réseaux associatifs. Huit associations répondent favorablement : l’Association de la  Fondation Etudiante pour la ville (AFEV), Grands Parrains, la Fédération des centres sociaux et socioculturels de France (FCSF), la Fondation pour l’Enfance, France Parrainages, la Ligue de l’Enseignement, Parrains par mille et l’Union Nationale des Associations Familiales (UNAF).

Elles sont rapidement rejointes par le Secours catholique, l’Union nationale des associations de parrainage de proximité, la Direction Générale de la Cohésion Sociale, la Caisse Centrale de la Mutualité Sociale Agricole (CCMSA) et la Caisse Nationale des Allocations Familiales (CNAF).

L’innovation au cœur de la conception de Parents solos et Compagnie

Afin de vérifier la pertinence d’un tel projet, la décision est prise de mener une étude de faisabilité permettant d’identifier les besoins existants et les réponses apportées, de faire émerger les besoins qui ne seraient pas couverts, afin d’évaluer la plus-value de la proposition.

L’innovation sociale et méthodologique est un marqueur du projet, de sa conception jusqu’à sa réalisation.

En matière de politique publique, la conduite du projet est menée par un comité de pilotage réunissant  des acteurs associatifs,  institutionnels et politiques dans une égale répartition. En ce qui concerne les  destinataires de l’action, le  recueil du point de vue des parents solos est au cœur de l’investigation et le pôle autour duquel se construit la réflexion. Et au plan de la méthode, il est mis en oeuvre une recherche-action dynamique qui utilise des modes opératoires de production collective.

Des résultats inédits

Le 28 juin 2016 s’est  tenue une journée nationale de restitution des travaux dont  il faut retenir trois éléments déterminants :

  • Chaque parent solo vit une situation particulière cependant partagée par tous :  ils rencontrent les mêmes types de difficultés et un manque de reconnaissance et de valorisation de leurs compétences pourtant multiples ;
  • L’organisation collective permettant entraide et ressourcement  constitue le vecteur indispensable et primordial pour affronter et surmonter  les difficultés ;
  • Les associations de terrain jouent un rôle essentiel dans l’accompagnement des personnes et l’appui à l’organisation collective .

 

 

« Les travaux de recherche sur les stratégies à appliquer après que l’on ait reçu la garde d’un enfant sont malheureusement assez rares. On ne sait que peu de choses sur la façon dont les gens s’organisent et parviennent à traiter simultanément plusieurs problèmes et à mener de front plusieurs activités… » relève  le Conseil de l’Europe dans un rapport de 2014. Le travail en amont de la création de “Parents solos et Compagnie” lève un coin du voile sur la réalité vécue par des parents solos.

 

  • La solitude dans l’exercice des responsabilités familiales
    Au-delà des aspects compliqués de la vie quotidienne, il s’agit ici de l’angoisse qu’engendre la responsabilité de la vie de toute la famille. Le poids de ces responsabilités, exercées seul, constitue la première des difficultés ressentie.
  • Le poids des enjeux éducatifs
    Le fait d’être seul empêche le dialogue et le recul, le passage de relais qui s’opèrent généralement dans les couples parentaux. L’éducation des enfants devient alors source d’inquiétude et d’angoisse. La scolarité et les relations avec l’école constituent un enjeu essentiel pour les parents.
  • Des conditions financières souvent difficiles.
    Où l’on retrouve l’illustration des chiffres maintenant bien connus sur la pauvreté dans la mono-parentalité (un tiers des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté contre 11% des couples parentaux). Surtout, vivre dans une famille monoparentale multiplie par plus de deux le risque de pauvreté des enfants (INSEE Première, « Les niveaux de vie en 2013 »). 

Des difficultés qui conduisent parfois des parents solos à cumuler deux, voire trois emplois.

  • La stigmatisation qui persiste
    Le fait d’élever seul(e) un ou des enfants est souvent perçu comme une situation invalidante dans la capacité éducative des parents solos, et singulièrement des mères. La référence demeure celle du couple parental et une famille composée d’un seul parent est jugée différente et a-normale.
  • Capacités personnelles, entraide et organisation collective
    Pourtant les parents solos déploient une énergie et une force considérables pour réussir seuls ce que d’autres font à deux. Capacités personnelles, organisation collective, ressourcement par les pairs sont autant de leviers d’action.
    Les difficultés rencontrées mais également les ressources déployées et, particulièrement, le recours au collectif confirment et valident d’intérêt d’une organisation nationale d’entraide et d’appui des parents solos

 

 

 

 

Les associations de terrain, de proximité ont un rôle majeur dans l’accompagnement et la compréhension de ce qui se joue dans la réalité vécue par les parents solos. Elles se retrouvent souvent dans un rôle de médiateur entre des parents solos parfois fragilisés et des institutions qui ont du mal à communiquer.

Au delà, deux modalités d’intervention majeure de ces associations sont repérées dans le cadre des travaux à l’origine de Parents solos et Compagnie.

  • La démarche pro-active ou « l’aller vers »
    Elle implique le déplacement et le fait de sortir, mener des actions à l’extérieur de l’équipement ou de son champ d’intervention. Elle se double de façon systématique d’une posture « d’écoute active » Il s’agit juste de prêter une oreille attentive, d’écouter et d’entendre sans préjuger afin de soulager, et éventuellement d’orienter ou conseiller les parents qui en font la demande
  • L’accompagnement du pouvoir d’agir
    Pour  ceux qui le mettent en œuvre, « le faire avec » est la condition nécessaire pour « aller vers ». Des pratiques d’ accompagnement de groupe de parole, de soutien logistique à des actions collectives, d’appui méthodologique à des projets conçus par des parents solos se développent. La  panoplie de l’accompagnement au pouvoir d’agir des parents solos se diversifie.

 

Le développement de collectifs de parents solos

Les parents passent également à l’action, mettent en œuvre leur pouvoir d’agir et s’organisent en associations. Celles pour l’instant identifiées sont fondées et animées par des mères. On retrouve chez chacune d’entre elles la motivation de vouloir offrir à d’autres ce qu’elles n’ont pas trouvé dans leur parcours personnel souvent douloureux après la séparation : écoute, soutien, entraide et ressourcement.